2.19.2007

le commentaire
de Salima Hamou




CE QUI NOUS RESTE
AU FOND DU ...







Je viens de découvrir l’anti-slapping. Il semble se déclarer ouvertement en opposition à ce happy slapping tellement violent. Votre anti slapping exprime un désaccord avec ces images qui puent le non-respect. Votre action me rassure.
Le happy slapping a commencé avec une bonne gifle flanquée par surprise, alors on regarde, la vexation et l’humiliation de celui qui la reçoit. Aujourd’hui on peut même voir sur le net des images qui dépassent de loin la simple baffe. C’est effrayant.
Que faire face à quelque chose d’aussi révoltant ? La plupart du temps on se sent plutôt impuissant. Voilà pourquoi je salue votre idée et le courage que vous avez eu pour la concrétiser. C’est pas mal d’avoir gardé l’effet de surprise pour provoquer un sourire, ou un rire. Avec ces portables qui peuvent photographier, enregistrer et filmer, on peut s’attendre au pire… pourquoi pas au meilleur ?...

Pour en revenir au happy slapping, il donne à voir des images qui excitent les tendances les plus « noires » tapies au fond de nous. Pourquoi ça marche ? Pourquoi ces images suscitent-elles autant d’intérêt ? Il semble que la violence attire et attirera toujours la majorité d’entre nous. La majorité d’entre nous est-elle en manque de quelque chose ? Manque d’amour, manque d’attention, manque de réponses ? … Le happy slapping n’est-il pas la déclaration ouverte, d’un profond malaise personnel, qui vient se partager collectivement en images grâce à ces techniques portables d’aujourd’hui. Le comportement de chaque être humain reflète et influence en même temps, de façon incontournable, l’état d’une société toute entière. Si des attitudes agressives dans le happy slapping sont le reflet d’un malaise qui alimente le manque de ceux qui sont tout aussi mal, alors on peut espérer que l’anti-slapping pourra aussi révéler un cœur en paix et inspirer les autres. La banalité du geste peut faire penser qu’il n’a pas d’importance, mais les gestes les plus insignifiants tant qu’ils sont bons peuvent aider. On pourrait penser aussi que c’est une perte de temps, mais j’aime penser qu’on va pouvoir « faire la paix » grâce à l’anti-slapping, parce qu’il représente une forme de « combat ».
Quelle expérience garde celui qui se met en scène pour « mettre une baffe » à quelqu’un d’autre ? Que lui reste-t-il au fond du cœur ?