Circulez ! Y’a rien à voir !!!
Validé le 3 mars dernier par le Conseil Constitutionnel, un article spécialement dédié au happy slapping a été ajouté à la récente loi sur la délinquance, instituée par le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy. Cet article 222-33-3 du code pénal, punit de 5 ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende celui qui diffuse des images relatives aux infractions prévues aux articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31 du code pénal, qui font référence aux tortures, actes de barbaries, violences et agressions sexuelles. Reste à noter une catégorie de violences référencée dans ce même article : celles commises par un dépositaire de l’autorité publique. Plus le droit de filmer un flic en plein exercice de ce qu’il croit être ses fonctions ….
Il est à préciser que cet amendement ne concerne pas l’auteur des agressions physiques, mais celui qui les filme, quand ce dernier n’est pas l’instigateur de l’acte. Un rapport mis au point par Jean-René Lecerf, sénateur UMP du Nord pas de Calais indique « il est nécessaire de sanctionner le comportement de celui qui filme des agressions en prévoyant qu’un tel comportement constituera une forme particulière de complicité des actes de tortures, de viols et des agressions sexuelles ».
Il est bien entendu que les journalistes professionnels ne sont pas concernés. Mais quelque chose m’échappe …. alors qu’on s’attend à une loi qui condamne clairement et simplement la pratique du happy slapping, voilà qu’on lance le filet d’un large coup de bras pour attraper d’autres poissons. Car ceux qui captent sur le vif des scènes dont ils sont témoins, risquent tout autant que les happy slappers de subir cette peine. Alors question : la lutte contre l’happy slapping, est-elle devenue le prétexte pour flanquer une bonne gifle au journalisme citoyen ??
On le sait, l’happy slapping est une pratique qui consiste à agresser une personne, pendant qu’un complice filme avec son téléphone portable. Dans un deuxième temps la vidéo est diffusée sur internet ou sur d’autres mobiles. Le gouvernement souhaite lutter contre cette pratique. Parfait. Mais comment peut-il la confondre avec le journalisme citoyen ? comment peut-il nous faire croire que c’est la même chose, et, sous prétexte de lutter contre une pratique violente, empêcher la diffusion d’images témoins qui pourraient dénoncer une injustice, un acte répréhensible, commis par un civil ou un représentant de la loi ? Comment peut-on de façon si détendue vouloir nous priver d’informations certifiées par images ? Comment peut-on nous priver de vérité ?
Cela me fait penser à la maxime favorite de Louis XI Qui nescit dissimulare, nescit regnare « Celui qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas régner ». Lorsque les choses sont livrées aux yeux et aux oreilles du plus grand nombre, cela peut provoquer de grands désordres. A éviter. Les émeutes de Los Angeles résonnent encore dans la mémoire de certains, et je dis que le hasard n’existe pas. Il est assez étonnant de constater que la validation de cette loi par le Conseil Constitutionnel s’est faite le 3 mars 2007 à Paris, 16 ans jour pour jour après la bavure des policiers de Los Angeles qui se sont acharnés sur Rodney King. Cette scène fut filmée par Georges Holliday, vidéaste amateur. L’acquittement des policiers au terme de leur procès, le 29 avril 1992 fut suivi de violentes émeutes. La rage et la violence étaient à la mesure des images captées qui ne pouvaient pas mentir.
Les politiques n’ont pas oublié. Les vidéastes amateurs sont des pourvoyeurs de vérité. Le phénomène du happy slapping nous donne à voir la grande dextérité du ministre de l’intérieur, et vlan ! D’une pierre deux coups !
Il est à préciser que cet amendement ne concerne pas l’auteur des agressions physiques, mais celui qui les filme, quand ce dernier n’est pas l’instigateur de l’acte. Un rapport mis au point par Jean-René Lecerf, sénateur UMP du Nord pas de Calais indique « il est nécessaire de sanctionner le comportement de celui qui filme des agressions en prévoyant qu’un tel comportement constituera une forme particulière de complicité des actes de tortures, de viols et des agressions sexuelles ».
Il est bien entendu que les journalistes professionnels ne sont pas concernés. Mais quelque chose m’échappe …. alors qu’on s’attend à une loi qui condamne clairement et simplement la pratique du happy slapping, voilà qu’on lance le filet d’un large coup de bras pour attraper d’autres poissons. Car ceux qui captent sur le vif des scènes dont ils sont témoins, risquent tout autant que les happy slappers de subir cette peine. Alors question : la lutte contre l’happy slapping, est-elle devenue le prétexte pour flanquer une bonne gifle au journalisme citoyen ??
On le sait, l’happy slapping est une pratique qui consiste à agresser une personne, pendant qu’un complice filme avec son téléphone portable. Dans un deuxième temps la vidéo est diffusée sur internet ou sur d’autres mobiles. Le gouvernement souhaite lutter contre cette pratique. Parfait. Mais comment peut-il la confondre avec le journalisme citoyen ? comment peut-il nous faire croire que c’est la même chose, et, sous prétexte de lutter contre une pratique violente, empêcher la diffusion d’images témoins qui pourraient dénoncer une injustice, un acte répréhensible, commis par un civil ou un représentant de la loi ? Comment peut-on de façon si détendue vouloir nous priver d’informations certifiées par images ? Comment peut-on nous priver de vérité ?
Cela me fait penser à la maxime favorite de Louis XI Qui nescit dissimulare, nescit regnare « Celui qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas régner ». Lorsque les choses sont livrées aux yeux et aux oreilles du plus grand nombre, cela peut provoquer de grands désordres. A éviter. Les émeutes de Los Angeles résonnent encore dans la mémoire de certains, et je dis que le hasard n’existe pas. Il est assez étonnant de constater que la validation de cette loi par le Conseil Constitutionnel s’est faite le 3 mars 2007 à Paris, 16 ans jour pour jour après la bavure des policiers de Los Angeles qui se sont acharnés sur Rodney King. Cette scène fut filmée par Georges Holliday, vidéaste amateur. L’acquittement des policiers au terme de leur procès, le 29 avril 1992 fut suivi de violentes émeutes. La rage et la violence étaient à la mesure des images captées qui ne pouvaient pas mentir.
Les politiques n’ont pas oublié. Les vidéastes amateurs sont des pourvoyeurs de vérité. Le phénomène du happy slapping nous donne à voir la grande dextérité du ministre de l’intérieur, et vlan ! D’une pierre deux coups !